Ukraine/Russie : l’information vue par les médias russes

Les grands titres proposés par Sputnik France le soir du 24 février @ Laure Allard

Après des semaines de tension et de tentative d’apaisement, Vladimir Poutine décide, ce jeudi, d’envahir l’Ukraine. L’actualité bouleverse les programmes du monde entier. De leur côté, les médias russes choisissent de faire les sourdes oreilles.

Les livres d’histoires vont retenir cette date. Jeudi 24 février, 03h55 (heure française), l’armée russe franchit la frontière ukrainienne. Éditions spéciales, une de presse, notifications sur les téléphones. Alors que la majorité des médias français et internationaux traitent le sujet, les canaux d’informations russes préfèrent laisser de côté l’événement. Sur le site internet de Rossiya 1, chaîne de télévision publique russe contrôlé par le gouvernement, les brèves sur la situation en Ukraine côtoient des nouvelles insignifiantes. Même chose pour Sputnik France. Là encore, la ligne éditoriale peut étonner. Dans leur rubrique « internationale », uniquement trois articles parlent de la crise ukrainienne. Le journal préfère écrire sur une erreur de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants américaine, plutôt que sur la prise de contrôle de Tchernobyl ou de l’aéroport militaire de Hostomel par l’armée dirigé par le kremlin. À la télévision russe, les reporters suivent les militaires en direct sur le terrain. Aucune contestation n’est possible.

Le fil d’actualité de Rossiya 1 pendant la journée du 24 février @ Laure Allard 

« Russia Today ne donne jamais la parole à l’opposition en Russie »

Quelques heures après le début de la crise, Laurent Lafon, président de la commission culture du Sénat demande à Roch-Olivier Maistre, président du régulateur audiovisuel, de suspendre la diffusion de Russia Today en France. Pour justifier cette action, le sénateur déclare « que le service Russia Today ne donne jamais la parole à l’opposition en Russie et ne mène aucun travail consistant à interroger le peuple russe sur les décisions prises par leurs dirigeants, en particulier, cette décision d’agresser l’Ukraine » et ajoute qu’il est « urgent de nous interroger sur la menace que fait peser cet organe de communication gouvernemental russe sur nos valeurs démocratiques à l’aune de la situation nouvelle créée par le déclenchement des opérations militaires en Ukraine ». Le manque d’objectivité de la chaîne russe inquiète de nombreux pays européens. Le régulateur britannique envisage aussi de l’arrêter alors que l’Allemagne a fait le choix d’interdire le média au début du mois.

Fréderic Taddei quitte l’antenne de Russia Today

Russia Today compte parmi ses journalistes Frédéric Taddeï. Principalement connu pour avoir présenté pendant des années Ce soir (ou jamais !) sur France Télévisions, il est depuis 2018, à la tête de l’émission de débat Interdit d’interdire. Face à l’accélération de la crise ukrainienne, le journaliste indique il y a quelques jours, qu’il se retire de l’antenne du média financé par la Russie : « La situation internationale étant ce qu’elle est (…) Je ne peux pas continuer une émission de débat contradictoire à partir du moment où mon pays se retrouve en conflit ouvert avec la Russie, par loyauté envers mon pays ». Fréderic Taddeï faisait figure d’objectivité sur Russia Today. 

Laure ALLARD

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