Des rassemblements pour soutenir l’Ukraine

À Nice, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées en soutien de l’Ukraine (Crédit photo : Pacôme Bienvenu)

À Nice, comme partout dans le monde, les rassemblements en soutien à l’Ukraine s’intensifient. Ce matin, sur la Promenade des Anglais, la communauté ukrainienne a souhaité remercier la France dans ces moments difficiles.

Nice. 10h30. La Promenade des Anglais, si joyeuse d’habitude, reste silencieuse. Les drapeaux ukrainiens flottent dans les airs, alors que le rassemblement en soutien à l’Ukraine grandit à vue d’oeil. Des proches, ou des réfugiés de la dernière heure, viennent clamer, crier leur crainte pour leurs familles, encore sur les lieux du drame. On se sert dans les bras, en se glissant quelques mots réconfortants. Parmi ces mots, des larmes. Des larmes de désespoir face à l’atrocité des bombardements entrepris par Vladimir Poutine. “Aujourd’hui les ukrainiens sont au bout de leurs forces. Votre soutien est important, on se sent plus fort avec vous, vive la France“, déclare une ukrainienne dans son mégaphone. Tous. Ils sont tous là. Français, ukrainiens, tchétchènes, et même russes. “Je suis originaire de Russie, et j’ai honte” peut-on lire sur la pancarte qu’il brandit. Les chants accompagnent cette vive douleur. Au milieu du rassemblement, une enfant vêtue de son drapeau ukrainien s’est agenouillée. Elle dispose des bougies, en forme de coeur, juste avant de les allumer. Du bleu, du jaune. Un soutien sans précédent.

“Poutine tue les civils, il tire sur les enfants”

Je me suis échappée de Kiev. Mais mes parents sont encore la bas“. La voix d’Irina* est tremblante. Sa famille est en danger de mort dans la capitale. Elle nous décrit la situation de manière si distincte, que le champ de bataille semble s’offrir devant nos yeux. “Ils (les russes) font tout exploser dans ma ville. Poutine prétend qu’il ne bombarde que des endroits stratégiques. C’est totalement faux.” Ces yeux pétillent. Cette ukrainienne hésite, puis reprend sa respiration “Il tue tout le monde, les gens pacifiques, et même les enfants. Mes proches viennent de m’apprendre qu’un hôpital pédiatrique vient d’être touché“. Résidants dans un gratte-ciel à Kiev, ses parents n’ont pas d’autres choix. Il faut fuir, se cacher. “Ils sont dans un refuge aujourd’hui, mais je ne sais pas pour combien de temps. Ils redoutent que ces hauts bâtiments soient les cibles des bombardements“. Des centaines de personnes ont maintenant pris place sur l’allée. Partout en France, les rassemblements s’intensifient. Mickeal*, était en Ukraine il y a une semaine. Sa femme est originaire du pays. Il a vu de ses yeux les habitants s’armer. “Ils se sentent délaissés par les armées occidentales. Les femmes et les enfants se cachent où ils peuvent, parfois dans des souterrains, totalement insalubres et dans le noir complet“.

L’impossibilité de rapatrier les français

L’inquiétude ronge ses réfugiés. Mais les combats font rage, et l’impossibilité de libérer les habitants est réelle. “On a essayé de contacter l’Ambassade de France en Ukraine. On nous a répondu que l’évacuation de Kiev semblait pour l’instant impossible. C’est beaucoup trop dangereux, les russes tirent sur les habitants dans les rues. Imaginez ce que ces personnes doivent ressentir. Il y a 1500 français bloqués, sans aucune possibilité de sortie“, regrette Irina. À Nice ce matin, les représentants tchétchènes ont pris la parole. C’est un des seuls peuples au monde à se battre aux côtés des ukrainiens. Un discours plein d’espoir et de solidarité.

Des centres d’accueil, et des vivres

Des premières collectes s’effectuent. Dans les Alpes-Maritimes, des vivres et des vêtements pour les militaires ont déjà été rassemblés par l’association franco-ukrainienne. L’Ambassade d’Ukraine a d’ores et déjà transmis une liste de produits et d’équipements, pour aider le pays. Parmi eux, on retrouve des couvertures, des vêtements chauds, mais aussi de la nourriture, comme de l’eau et des denrées non périssables. Deux autres familles de réfugiés sont attendues en ce début de semaine. La communauté fait sont possible pour trouver une solution d’hébergement.

  • *Ces personnes ont souhaité rester anonyme, un autre prénom leur à donc été accordé.

Pacôme BIENVENU

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