5 choses que vous ignorez (peut-être) sur la fête nationale

Le traditionnel défilé militaire sur les Champs-Élysées. ©Flickr

Le 14 juillet rime pour les Français avec la prise de la Bastille, l’événement clef des débuts de la Révolution Française, survenu en 1789. C’est juste, mais ce n’est pas tout ! Voici 5 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur notre fête nationale.

1. Nous ne fêtons pas le 14 juillet 1789…

Si nous descendons dans nos rues décorées du drapeau tricolore, c’est pour célébrer, officiellement, la Fête de la Fédération, du 14 juillet… 1790 ! Ce jour-là, sur le Champ-de-Mars à Paris, 400 000 personnes se réunissent pour commémorer, eux, la prise de la célèbre forteresse, un an auparavant. Cette célébration exprime ordre et unité dans le pays en crise. Une grande messe est célébrée par Talleyrand. 14 000 soldats fédérés défilent sous la bannière de leur département nouvellement créé (4 mars 1790). La Fayette, commandant de la garde nationale parisienne, jure fidélité à la nation, au roi, et à la loi. Louis XVI est présent et fait de même. L’union nationale semble scellée, et la cérémonie devient une grande fête populaire. Un banquet de 22 000 couverts est donné, les Parisiens dansent sur les ruines de la Bastille. Les festivités durent quatre jours !

2. Le 14 juillet, fête nationale depuis 1880

La Fête de la Fédération n’a pas vraiment été réitérée les années suivantes, perdue dans le flot des événements parfois graves. Par exemple, la nation est déclarée en danger le 11 juillet 1792, face aux menaces des monarchies voisines coalisées contre la jeune République. On se contente souvent de défilés militaires. Sous l’Empire, on préfère le 15 août, jour de naissance de Napoléon Ier. La Restauration monarchique préfère la Saint-Louis (25 août) puis la Saint-Charles (24 mai). Le Second Empire fixe de nouveau la fête au 15 août, jour dit de la « Saint-Napoléon »… Finalement, la Troisième République renoue avec le 14 juillet et le consacre fête nationale, par une loi de juillet 1880. « Le 14 juillet (1789), c’est la Révolution tout entière », souligne Henri Martin, rapporteur de ladite loi. Il est choisi de ne pas célébrer directement la prise de la Bastille – journée fondamentale mais meurtrière – mais plutôt la Fête de la Fédération, un an après – expression la plus éclatante de l’unité nationale.

3. La Bastille, symbole des dérives de la monarchie

Vous l’avez compris, tout part quand même de la Bastille… Mais qu’est-ce que c’est ? Elle est d’abord une forteresse défensive, construite en 1365. La Guerre de Cent Ans est alors loin d’être finie, et Paris reste une cible pour les Anglais. Sous Louis XV et quand éclate la Révolution, elle est une prison à la sombre réputation. Elle devient le symbole des dérives arbitraires d’une monarchie qui s’essouffle. « Le monarque possède ainsi le droit de « retenir » la justice, c’est-à-dire de punir directement celui qui s’est trouvé compromis dans des affaires d’Etat, de religion ou de police », écrit l’historienneHéloïse Bocher. Son ombre plane sur les maisons des Parisiens. Ces derniers la craignent et lui font une légende noire… Sa prise fait entrer la France dans sa période révolutionnaire (1789-1799), sa démolition par le maître-maçon Palloy en fait un symbole de la liberté retrouvée.

4. La Bastille était presque vide au moment de sa prise !

Le 14 juillet 1789, les Parisiens prennent donc possession de la Bastille. Leur objectif est de libérer ses prisonniers et de s’emparer des munitions et de la poudre gardées là, pour défendre la capitale – des rumeurs affirment que Paris est encerclée par des troupes fidèles au roi. Finalement, au grand étonnement des émeutiers, la prison ne compte que 7 prisonniers, et assez bien traités : quatre petits escrocs, deux fous, et le comte de Solages, enfermé pour « acte de débauche » sur demande de sa famille, qui payait pour être sûre qu’il n’en sorte pas ! De grandes personnalités y ont cependant fait quelques séjours, tels Voltaire, ou encore le marquis de Sade, transféré quelques jours avant l’assaut.

©Gaël Lanoue

5. Vous pouvez toujours apercevoir les restes de la Bastille

La démolition de la Bastille dure un an. Ensuite, plusieurs projets d’urbanisme ont été proposés pour aménager la place. Notamment une gigantesque statue d’éléphant, dont seule une maquette a existé. Victor Hugo l’a rendue célèbre en y faisant dormir son personnage de Gavroche, le jeune gamin des rues, dans son roman Les Misérables (1862). Aujourd’hui, quelques vestiges subsistent de la forteresse. Les parcs, la station de métro Bastille et le pavement (à l’angle de la rue Saint-Antoine) montrent encore la base de certains murs.

Base de l’ancienne Tour de la Liberté, déplacée square Henri Galli. ©Wikimedia commons
Vestiges de la contrescarpe et du fossé, station Bastille (ligne 5 du métro). ©Openedition

Gaël Lanoue

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