Guerre en Ukraine : un journaliste français tué

Le journaliste est décédé en plein tournage d’un reportage. © pixabay

Le gouverneur régional de Louhansk a annoncé sur Telegram qu’un journaliste français, Frédéric Leclerc-Imhoff, est mort à la suite de l’explosion d’un obus près de Sievierodonetsk, en Ukraine.

Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste français a été blessé par un tir d’obus alors qu’il suivait pour BFMTV, dans un véhicule blindé, l’évacuation de Sievierodonetsk. Sur son canal Telegram, le gouverneur régional de Louhansk déclare qu’« une blessure mortelle au cou a été reçue par un journaliste français accrédité qui faisait des reportages sur l’évacuation ». Les opérations ont cessé depuis cette attaque. Reporter Sans Frontières a relayé l’information. La chaine d’information confirme l’identité de la victime. Dans une série de tweet, Emmanuel Macron témoigne sa peine à la famille du reporter de 32 ans. L’envoyé spécial était accompagné de Maxime Brandstaetter, autre journaliste pour BFMTV et de leur fixeuse ukrainienne. Légèrement blessés, leurs vies ne sont pas en danger.

Hasard du calendrier, le drame a lieu alors que Catherine Colonna, nouvelle ministre française des Affaires étrangères, est en déplacement en Ukraine. Depuis le début du conflit en février, huit journalistes ont perdu la vie sur le territoire ukrainien. 

Laure Allard

Le rugby français conquiert l’Europe

“Pour la première fois en 126 ans d’existence, le Lou Rugby remporte un titre européen.” / “Ronan O’Gara guide l’équipe de La Rochelle à sa première victoire européenne face au Leinster “ ©Twitter

Ce week-end, Lyon et La Rochelle ont respectivement remporté la Challenge Cup et la Coupe d’Europe de rugby. Quelques mois après le Grand Chelem du XV de France, la victoire de ces deux équipes illustre la qualité des joueurs et de la formation française.

C’est une première qu’ils n’oublieront jamais. Ce week-end, le Lou Rugby et le Stade Rochelais gagnent pour la première fois de leur histoire un titre européen. Lors d’une confrontation franco-française, Lyon arrache, vendredi soir, le trophée de « la petite coupe d’Europe » contre Toulon (30-12). Cette victoire permet au club d’apporter à sa ville sa première consécration européenne pour une équipe masculine, tout sport confondu. Belle conclusion pour Pierre Mignoni, entraîneur de l’équipe, qui quittera le club à la fin de la saison, sept années après en avoir repris les rênes.

Les « grands » champions d’Europe sont rochelais. Après avoir échoué la saison dernière face au Stade Toulousain, le Stade Rochelais décroche cette année la victoire contre le Leinster (24-21). Présentés comme outsider, les Maritimes n’ont jamais abdiqué face aux quadruples champions d’Europe. Menés, pendant près d’une heure, les jaunes et noirs prennent l’ascendant dans les dix dernières minutes. Poussée par ses supporters, la Rochelle fait craquer la défense de la province irlandaise pour un essai de la gagne marqué par Arthur Retière à la 78ème minute.

La bonne mine du rugby français

Ces deux exploits prouvent, une nouvelle fois, la pleine santé du rugby français. Quelques mois après le triomphe du XV de France lors du Tournoi des Six Nations, des joueurs français continuent d’afficher leur excellence sur le terrain. Sur les trois essais mis par La Rochelle, deux sont des mains d’internationaux tricolores (Pierre Bougarit et Arthur Retière). Du côté du match Toulon-Lyon, Baptiste Couilloud (8 sélections en équipe de France) , Pierre-Louis Barassi (3 sélections) et Baptiste Serin (42 sélections) ont eux aussi franchi la ligne d’essai. Avec ces trophées, la formation française montre sa pérennité et ses talents sur la scène européenne. Un témoignage de plus avant la prochaine coupe du Monde de rugby, prévue en France en 2023. 

Laure Allard

États-Unis : 21 morts à la suite d’une fusillade dans une école

L’auteur des faits a utilisé un fusil d’assaut lors de son attaque dans l’école primaire. ©pixabay

Ce mardi, un jeune homme de 18 ans a ouvert le feu dans une école primaire du Texas, provoquant la mort de 21 personnes dont 19 enfants âgés entre 7 et 10 ans.

Mardi 24 mai. 11h30. Salvador Ramos, lycéen de 18 ans, s’introduit dans la Robb Elementary School et tire sur les élèves et enseignants présents à l’intérieur. Armé d’un fusil d’assaut, le jeune homme tue 21 personnes dont 19 enfants âgés entre 7 et 10 ans. De nombreux blessés sont également évacués vers deux hôpitaux proches du lieu du drame. Le bilan risque de s’alourdir dans les prochaines heures. La police a abattu l’auteur des faits peu après le début du massacre.

“En tant que nation, nous devons nous demander : quand, au nom de Dieu, tiendrons-nous tête au lobby des armes à feu ?
Quand, au nom de Dieu, ferons-nous ce qui doit être fait ?
Je suis épuisé et j’en ai marre. Nous devons agir.”

Avant de se diriger vers l’école primaire, Salvador Ramos a tiré sur sa grand-mère à son domicile. Pour l’instant, les forces de l’ordre ignorent les raisons d’un tel acte. Cette fusillade a eu lieu presque 10 ans après celle de Sandy Hook dans le Connecticut, en décembre 2012, où 20 enfants et 6 adultes avaient perdu la vie. Ce drame relance le débat du port des armes aux États-Unis. Joe Biden exprime sa peine en déclarant que « il est temps de transformer la douleur en action ». L’interdiction semble pourtant impossible. La NRA (National Rifle Association), association en faveur du port d’armes, exerce une grande influence sur les hommes politiques américains, notamment Les Républicains. Elle avait, par exemple, financé une partie de la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.

Laure Allard

Mrs America, une lutte moderne

Phyllis Schlafly lors d’une manifestation contre l’Equal Rights Amendment. ©Wikimédia

Il y a quelques semaines, les Américaines apprennent que la Cour Suprême des États-Unis envisage d’interdire l’accès à l’avortement. Sortie en 2020, Mrs America revient sur la lutte du mouvement féministe et anti-féministe américain dans les années 70 face à l’adoption du Equal Rights Amendment. Retraçant des événements vieux de plus 50 ans, la mini-série n’a pourtant jamais été aussi actuelle.

Composée de neuf épisodes, Mrs America retrace le parcours de Phyllis Schlafly, conservatrice et anti-communiste, dans son combat contre l’adoption d’un amendement visant à garantir l’égalité des droits entre les sexes aux États-Unis. Pour mener à bien son engagement, la mère de famille organise des goûters avec ses semblables dans lesquels elle propage deux probables dangers : en cas de légitimation de la réforme, les femmes pourraient être engagées dans l’armée, et les hommes divorcés ne seront plus obligés de payer de prestation compensatoire. Avec un tel discours, la quinquagénaire souhaite faire passer les féministes de l’époque pour des anti-familles. C’est d’ailleurs à elle qu’on doit le terme « pro-vie ». Ses partenaires de bataille sont majoritairement des femmes blanches issues d’un milieu aisé. À ce jour, l’amendement n’a toujours pas été voté.

Femmes contre femmes

Cate Blanchett incarne la conservatrice à la perfection. L’actrice offre ses traits à cette figure de proue des anti-féministes pour qui la place des femmes se doit d’être au foyer. Face à elle, Rose Byrn interprète Gloria Steinem, l’une des porte-parole du mouvement féministe la plus connue au monde. D’autres icônes des années 70 sont présentes dans la série comme Shirley Chisholm (Uzo Aduba), première candidate noire aux primaires démocrate ou encore Betty Friedan (Tracey Ullman), autrice du livre La Femme mystifiée. Les neufs épisodes mettent en parallèle les luttes distinctes pleines d’ambition de ces femmes. Un angle pas forcément accepté par les vrais protagonistes de l’intrigue. Dans The Guardian, Gloria Steinem affirme que « la série donne l’impression que les femmes sont nos pires ennemies, ce qui nous empêche de reconnaître qui sont (les vrais). Non pas que nous ne soyons pas en conflit, (…) mais dans l’ensemble, nous ne sommes pas nos pires ennemies. »

L’écho en 2022

L’un des principaux combats de Phyllis Schlafly fut l’interdiction de l’avortement. Plus de cinquante ans après, ses prises de position renaissent en 2022. Le lundi 2 mai, le journal Politico révèle que la Cour suprême des États-Unis souhaite annuler l’ordonnance autorisant l’accès à l’avortement. Dès la parution de cette nouvelle, les pro-choix et anti-avortement manifestent dans tout le pays, rappelant les actions menées par Phyllis Schlafly et Gloria Steinem dans les années 70. La série fait écho aux événements actuels. Les dialogues et revendications présents dans la fiction peuvent être entendus, aujourd’hui, dans les rues des États-Unis.

La série est actuellement disponible sur MyCanal.

Laure Allard

Procès du 13 novembre : les Eagles of Death Metal témoignent

Les Eagles of Death Metal sont revenus en France depuis l’attentat du Bataclan pour rendre hommage aux victimes. ©flickr

Nouveau témoignage majeur lors du procès des attentats du 13 novembre. Le chanteur et l’ex-guitariste des Eagles of Death Metal, groupe présent sur scène lors de l’attaque du Bataclan, ont témoigné ce mardi.

Quelques semaines avant la fin du procès, la parole est de nouveau donnée aux victimes du 13 novembre à la cour d’assises de Paris. Ce 17 mai, deux membres rescapés du groupe Eagles of Death Metal racontent le traumatisme qu’ils ont vécu alors qu’ils se produisaient sur la scène du Bataclan au moment de l’attaque des terroristes. Habillés en noir de la tête au pied, l’ex-guitariste du groupe, Eden Galindo et le chanteur Jesse Hugues se remémorent à la barre le début de l’assaut et les derniers échanges avec les futures victimes présent dans la fosse : « Je me souviens du public qui me regardait. Il y avait tellement de monde, ils n’arrivaient pas à bouger » avoue le musicien. Pour Jesse Hugues, pas de place au doute, les bruits sont bien ceux d’armes à feu : « Venant d’une région désertique en Californie, le son des coups de feu m’est très familier ». Les deux artistes arrivent à quitter indemne la scène même si le chanteur confesse avoir « senti la mort se rapprocher ». Ils parviennent à sortir de la salle et sont amenés dans un commissariat : « On a retrouvé des gens qui étaient au concert. Certains étaient couverts de sang. On a attendu là-bas longtemps et on ne savait pas si tous les membres du groupe étaient vivants ou morts ». Deux proches du groupe décèdent ce soir-là. 

Toujours marqué par cette soirée, Eden Galindo révèle être « comme brisé. Je n’arrivais plus à faire ce que font les gens normaux. Je n’étais plus le même. J’ai suivi une thérapie, mais ce qui m’a vraiment aidé, c’est de retourner en Europe et de finir notre tournée ». Jesse Hugues affirme lui que « le mal n’a pas gagné. Ce qu’ils ont décidé de faire ce soir-là, c’est de faire taire la musique. Mais ils ont échoué ». Le chanteur conclut son témoignage en citant Ozzy Osborne : « You can’t kill Rock’n’roll ». 

Laure Allard

Les CHU en carence de personnel

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nice est le premier acteur de santé du département des Alpes Maritimes. ©Wikimédia

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bordeaux vient d’annoncer la mise en place d’un « mode dégradé » pour lutter contre les burn-outs et le manque de personnel. Cette conjoncture touche tous les hôpitaux de France de plein fouet. À Nice, les employés du CHU de l’Archet agissent pour témoigner leur mécontentement face à leur condition de travail. 

Mars 2020. L’épidémie de COVID-19 prend de l’ampleur en France. Pour diminuer la propagation du virus et éviter une surcharge des hôpitaux, le gouvernement impose un confinement. Cette période inédite met en avant un problème connu, mais ignoré : la France manque de professionnels de la santé. Deux ans après le début de la crise, les hôpitaux tentent toujours de gérer ce manque d’effectif. Au CHU de l’Archet à Nice, infirmiers et aides- soignants naviguent entre les différents services pour pallier les absences : « Dans le service d’à côté, ça fait maintenant plus de six mois qu’ils tournent entre 2 et 3 infirmiers maximum alors qu’ils sont censés être 8 normalement », témoigne l’une des infirmière. La jeune femme assure régulièrement des remplacements dans d’autres ailes de l’hôpital pour dépanner : « Tous les mois, on est ailleurs : lundi, j’étais dans mon service, hier, j’étais dans un autre, le week-end prochain, je suis encore dans un secteur différent ». Ses conditions de travail s’avèrent être de plus en plus rudes : « On est seul pour 20 patients. Théoriquement, ce sont deux professionnels pour 14 malades et trois pour 20 ». 

« On a connu un ras-le-bol général » 

Constamment transféré entre différents services, un aide-soignant qui à l’hôpital de l’Archet depuis plus de 10 ans exprime sa lassitude et celle de ses collègues : « Psychologiquement, c’est très dur pour tout le monde. On a connu un ras-le-bol général ». Pour afficher leur désarroi et leur mal-être, le personnel soignant du CHU multiplie les arrêts maladie au détriment du bon fonctionnement de l’établissement.« On a fait comme les autres et ça a foutu le gros bordel. Il n’y avait plus personne pour remplacer », raconte le professionnel de santé. Pour les infirmières, cette situation illustre l’accumulation d’un surmenage collectif : « On se met en arrêt maladie parce qu’on en peut plus. On est crevés, blessés, malades. On espère que ça fera bouger les choses. » 

Une situation encore instable 

« Avant, lorsqu’une heure supplémentaire était disponible, en deux heures, elle n’était plus à pourvoir. Maintenant, personne ne les prend parce qu’on est tous épuisés moralement et physiquement » confie l’une des employés. La direction du CHU (Ndlr : Contacté par nos soins, elle n’a pas souhaité répondre aux questions) présente peu d’actions immédiates pour satisfaire ce manque d’effectif. L’arrivée de nouveaux diplômés sur le marché à la fin du mois de juillet pourrait être la solution à ce problème : « Ils attendent des recrutements, mais on n’est pas sûre que ces débutants choisissent de venir travailler à l’Archet ou même dans les services touchés par cette pénurie de personnel ». Un retour à la normale est espéré pour septembre. 

Laure Allard

Une journaliste tuée en Cisjordanie

” Shireen Abu Akleh, une journaliste palestinienne américaine qui a été tuée mercredi en Cisjordanie, était connue au Moyen-Orient. “Shireen était une pionnière”, a déclaré Dalia Hatuqa, son amie et collègue journaliste. “ ©Twitter

La journaliste Shireen Abu Akleh est morte ce matin, en Cisjordanie, à la suite d’un tir par balle. L’armée israélienne, principal accusé, dément être à l’origine de l’acte mortel. 

Ce matin, les médias apprennent la mort de Shireen Abu Akleh, journaliste américano-palestinienne. La reporter couvrait une opération militaire de l’armée israélienne dans la ville de Jénine, en Cisjordanie. De nombreux témoins assurent que la femme de 51 ans a été abattue en pleine tête par un tir de sniper. La quinquagénaire décède quelques heures après à l’hôpital. Si l’armée israélienne fait figure de principal suspect, elle dément les faits qui lui sont reprochés et déclare avoir ouvert une enquête. Si l’hypothèse d’une balle perdue circule, des personnes présentes sur place attestent que cette idée semble impossible : « Nous étions quatre journalistes dans une zone dégagée, il n’y avait aucune confrontation ou tir émanant de combattants palestiniens » signale la journaliste palestinienne Shata Hanaysha à Al-Jazeera.

Dans son dernier mail, la victime indique que « les forces d’occupation envahissent Jénine et assiègent une maison (…). Je suis en route, je vous enverrai des informations dès que cela devient plus clair ». Plusieurs vidéos et photos montrent Shireen Abu Akleh vêtue d’un gilet de protection siglé « presse » et d’un casque lorsqu’elle est touchée. La France, les Etats-Unis et l’Union-Européenne souhaitent l’ouverture d’une enquête pour en savoir plus sur les circonstances du drame. 

Laure Allard

Affaire Fillon : l’ancien Premier ministre condamné en appel à un an de prison ferme

L’affaire Fillon a mis fin aux ambitions présidentielles de l’ancien Premier ministre. ©flickr

François Fillon a été condamné ce lundi par la cour d’appel de Paris à quatre ans de prison dont un an ferme pour les emplois fictifs de son épouse Penelope ainsi qu’à 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité. 

L’ancien Premier ministre est condamné, ce lundi, à quatre ans de prison dont un an ferme dans l’affaire des emplois fictifs concernant son épouse Penelope Fillon. Sa femme est quant à elle sanctionnée par deux ans de prison avec sursis. Absents lors du verdict, les époux ainsi que leur ancien suppléant, Marc Joulaud, doivent aussi verser 800.000 euros à l’Assemblée nationale, partie civile de l’affaire. La cour d’appel de Paris a réduit la peine initiale du 29 juin 2020. L’ancien candidat de droite avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement dont deux ans fermes, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité. L’avocat des accusés a déjà déclaré leur volonté de se pourvoir en cassation et déclare que la cour d’appel de Paris « n’a pas tiré les conséquences de ses propres constatations sur les preuves apportées de la réalité du travail accompli par Madame Fillon au profit de Monsieur Joulaud et de Monsieur Fillon, de 2002 à 2007 et de 2012 à 2013 ». Le couple a toujours nié les accusations. Fin février, François Fillon avait annoncé quitter la vie politique. 

Laure Allard

Droit à l’avortement aux États-Unis : l’arrêt Roe v. Wade en danger

Depuis une semaine, les pro-choix et les anti-avortements manifestent face à la Cour suprême. ©l’union

Il y a une semaine, le journal Politico affirme dans ses colonnes, que le droit à l’avortement pourrait être remis en cause aux États-Unis. La Cour suprême envisage d’annuler l’arrêt Roe v. Wade.  

La Cour suprême des États-Unis s’apprête à revenir sur un droit historique : annuler l’ordonnance autorisant l’avortement. Grâce à la fuite de document inédit, le journal Politico révèle, le lundi 2 mai, que le juge conservateur Samuel Alito envisage d’abroger l’arrêt Roe v. Wade de 1973. Dès sa parution, la nouvelle fait l’effet d’une onde de choc. Presque cinquante ans après avoir acquis ce droit, les Américaines pourraient bien le perdre dans les mois à venir. Si le projet est adopté, chaque État sera libre d’accorder ou non l’interruption volontaire de grossesse (IVG). 

Les conservateurs contre les progressistes 

Lors de son mandat, Donald Trump fait entrer trois nouveaux juges au sein de la Cour suprême. Nommés à vie, Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barret permettent à l’institution américaine d’obtenir une majorité conservatrice. Parmi les neuf juges, seulement trois sont désignés comme des progressistes. Depuis quelques mois, les magistrats rejettent des lois en faveur de l’avortement comme l’augmentation du délai légal réclamé dans le Mississippi. Selon Politico, Clarence Thomas, Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh, Amy Coney Barrett et Samuel Alito, tous conservateur, ont voté pour l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade. Les trois juges libéraux, Stephen Breyer, Sonia Sotomayor et Elena Kagan luttent contre cette proposition. Le choix du juge en chef, John G. Roberts, Jr., n’est pas encore connu. 

L’arrêt Roe v. Wade 

Avant 1973, chaque État américain était libre de son propre choix sur l’autorisation ou non de l’avortement. Le 22 janvier 1973, la Cour suprême des États-Unis décrète par l’arrêt Roe v. Wade, que l’IVG constitue un choix privé. Cette mesure indique que : « le droit au respect de la vie privée, présent dans le 14e amendement de la Constitution (…) est suffisamment vaste pour s’appliquer à la décision d’une femme de mettre fin ou non à sa grossesse ». L’ordonnance judiciaire détermine le cadre légal de l’avortement. Cette jurisprudence dépend aussi du ressort Doe v. Bolton. Ainsi, chaque État peut prendre des restrictions distinctes comme le délai légal toléré pour l’IVG. D’après Samuel Alito, l’arrêt historique Roe v. Wade, est « infondée depuis le début ». Pour le juge conservateur, la Constitution ne préserve pas le droit à l’avortement.

Laure Allard

La Commission européenne souhaite mieux protéger les journalistes

La proposition de Bruxelles accorde plus de protections aux journalistes. ©flickr

Afin de garantir une meilleure sécurité aux journalistes, la Commission européenne présente une directive pour lutter contre les « poursuites-bâillons » qui les touchent.

Ce mercredi, la Commission européenne révèle un projet d’action contre le harcèlement judiciaire dont sont victimes certains journalistes, lanceurs d’alerte ou activistes. La proposition vise surtout les « poursuites baillons ». Ces actes consistent à attaquer régulièrement, au tribunal, des informateurs dans le but de les mettre sous silence. Souvent, sans issue, l’idée principale est surtout de faire perdre du temps et de l’argent aux professionnels de l’information.

Ce genre de pratique est mis en lumière à partir de 2017, lors de l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruano Galizia. Lors de sa mort, elle fait l’objet de quarante procédures judiciaires. « On constate de plus en plus de procès pour harceler et museler. C’est une lutte inégale entre Goliath et David. Dans une démocratie, la richesse et le pouvoir ne peuvent donner à personne un avantage sur la vérité. Nous aidons à protéger ceux qui prennent des risques et s’expriment lorsque l’intérêt public est menacé, en signalant par exemple des allégations de blanchiment de corruption » déclare Vera Jourova, vice-présidente de la Commission. Avec cette initiative, Bruxelles souhaite accorder aux juges un abandon plus simple et rapide des poursuites abusives. En revanche, la suggestion faite par la Commission ne peut s’inscrire que dans des cas transfrontaliers.