5 choses que vous ignorez (peut-être) sur la fête nationale

Le traditionnel défilé militaire sur les Champs-Élysées. ©Flickr

Le 14 juillet rime pour les Français avec la prise de la Bastille, l’événement clef des débuts de la Révolution Française, survenu en 1789. C’est juste, mais ce n’est pas tout ! Voici 5 choses que vous ne savez (peut-être) pas sur notre fête nationale.

1. Nous ne fêtons pas le 14 juillet 1789…

Si nous descendons dans nos rues décorées du drapeau tricolore, c’est pour célébrer, officiellement, la Fête de la Fédération, du 14 juillet… 1790 ! Ce jour-là, sur le Champ-de-Mars à Paris, 400 000 personnes se réunissent pour commémorer, eux, la prise de la célèbre forteresse, un an auparavant. Cette célébration exprime ordre et unité dans le pays en crise. Une grande messe est célébrée par Talleyrand. 14 000 soldats fédérés défilent sous la bannière de leur département nouvellement créé (4 mars 1790). La Fayette, commandant de la garde nationale parisienne, jure fidélité à la nation, au roi, et à la loi. Louis XVI est présent et fait de même. L’union nationale semble scellée, et la cérémonie devient une grande fête populaire. Un banquet de 22 000 couverts est donné, les Parisiens dansent sur les ruines de la Bastille. Les festivités durent quatre jours !

2. Le 14 juillet, fête nationale depuis 1880

La Fête de la Fédération n’a pas vraiment été réitérée les années suivantes, perdue dans le flot des événements parfois graves. Par exemple, la nation est déclarée en danger le 11 juillet 1792, face aux menaces des monarchies voisines coalisées contre la jeune République. On se contente souvent de défilés militaires. Sous l’Empire, on préfère le 15 août, jour de naissance de Napoléon Ier. La Restauration monarchique préfère la Saint-Louis (25 août) puis la Saint-Charles (24 mai). Le Second Empire fixe de nouveau la fête au 15 août, jour dit de la « Saint-Napoléon »… Finalement, la Troisième République renoue avec le 14 juillet et le consacre fête nationale, par une loi de juillet 1880. « Le 14 juillet (1789), c’est la Révolution tout entière », souligne Henri Martin, rapporteur de ladite loi. Il est choisi de ne pas célébrer directement la prise de la Bastille – journée fondamentale mais meurtrière – mais plutôt la Fête de la Fédération, un an après – expression la plus éclatante de l’unité nationale.

3. La Bastille, symbole des dérives de la monarchie

Vous l’avez compris, tout part quand même de la Bastille… Mais qu’est-ce que c’est ? Elle est d’abord une forteresse défensive, construite en 1365. La Guerre de Cent Ans est alors loin d’être finie, et Paris reste une cible pour les Anglais. Sous Louis XV et quand éclate la Révolution, elle est une prison à la sombre réputation. Elle devient le symbole des dérives arbitraires d’une monarchie qui s’essouffle. « Le monarque possède ainsi le droit de « retenir » la justice, c’est-à-dire de punir directement celui qui s’est trouvé compromis dans des affaires d’Etat, de religion ou de police », écrit l’historienneHéloïse Bocher. Son ombre plane sur les maisons des Parisiens. Ces derniers la craignent et lui font une légende noire… Sa prise fait entrer la France dans sa période révolutionnaire (1789-1799), sa démolition par le maître-maçon Palloy en fait un symbole de la liberté retrouvée.

4. La Bastille était presque vide au moment de sa prise !

Le 14 juillet 1789, les Parisiens prennent donc possession de la Bastille. Leur objectif est de libérer ses prisonniers et de s’emparer des munitions et de la poudre gardées là, pour défendre la capitale – des rumeurs affirment que Paris est encerclée par des troupes fidèles au roi. Finalement, au grand étonnement des émeutiers, la prison ne compte que 7 prisonniers, et assez bien traités : quatre petits escrocs, deux fous, et le comte de Solages, enfermé pour « acte de débauche » sur demande de sa famille, qui payait pour être sûre qu’il n’en sorte pas ! De grandes personnalités y ont cependant fait quelques séjours, tels Voltaire, ou encore le marquis de Sade, transféré quelques jours avant l’assaut.

©Gaël Lanoue

5. Vous pouvez toujours apercevoir les restes de la Bastille

La démolition de la Bastille dure un an. Ensuite, plusieurs projets d’urbanisme ont été proposés pour aménager la place. Notamment une gigantesque statue d’éléphant, dont seule une maquette a existé. Victor Hugo l’a rendue célèbre en y faisant dormir son personnage de Gavroche, le jeune gamin des rues, dans son roman Les Misérables (1862). Aujourd’hui, quelques vestiges subsistent de la forteresse. Les parcs, la station de métro Bastille et le pavement (à l’angle de la rue Saint-Antoine) montrent encore la base de certains murs.

Base de l’ancienne Tour de la Liberté, déplacée square Henri Galli. ©Wikimedia commons
Vestiges de la contrescarpe et du fossé, station Bastille (ligne 5 du métro). ©Openedition

Gaël Lanoue

Kendrick Lamar, de retour sur terre

À 34 ans, Kendrick Lamar vient de publier son 5e album. © Flickr

Kendrick Lamar publie ce mois-ci son 5e album, Mr. Morale & the Big Steppers. Cinq ans après son dernier disque, le rappeur californien continue de revisiter son art avec 19 titres ambitieux et personnels.

Kendrick Lamar sait se faire attendre, et soigne ensuite son retour. Les fans se sont réjouis de la sortie de son 5e album, Mr. Morale & the Big Steppers, le 13 mai dernier. Au point même de faire planter la plateforme Spotify ce jour-là, car l’attente a été longue. 5 ans depuis son dernier disque. En 2017, DAMN est un énorme succès et fait de lui le premier rappeur lauréat du prestigieux prix Pulitzer. Le natif de Compton, en Californie (qui voit naître le groupe pionnier N.W.A. dans les années 90), revient donc en force. Rien de mieux pour cela qu’une tournée mondiale. Avec, en plus, une date prévue en France, le 21 octobre 2022 à l’Accor Arena. Attendu comme le Messie ? Peut-être. Sur la pochette, il pose en famille, couronne d’épine sur la tête, enfant au bras et pistolet à la ceinture.

De la musique à la (re)-Création

Mr. Morale & the Big Steppers est plus vaste qu’un album. Il a toute la complexité et la richesse d’un monde. Au risque de s’y perdre un peu. Il faut prendre le temps de l’écouter, par petites touches, pour en saisir toute la portée. C’est le monde d’un rappeur de plus en plus inclassable, à l’ambition démesurée mais assumée. « Mon bagage génétique peut construire de multiples univers », affirme-t-il dans Worldwide Steppers, le 3e morceau de l’album. L’assimilation à Adam, en référence directe à la Genèse (1:26-27), fait de lui un nouvel être créateur. Sa position de démiurge, au-delà de la simple expression artistique, renforce une aura quasi divine. « J’ai demandé à Dieu de parler à travers moi, c’est ce que vous entendez maintenant. / La voix de votre serviteur ». Tout au long de l’album, Kendrick Lamar aborde différents thèmes très actuels des États-Unis : la violence des gangs, qu’il a vécue jusque dans son salon, dans son enfance, les rapports homme-femme ou encore les identités de genre. Des thématiques glissantes, puisqu’il est accusé d’insulter et de morinommer (ndlr, appeler une personne par son ancien nom) des personnes transexuelles, dans le titre Auntie Diaries. La question de l’autre et de ses différences est très présente, et cristallisée par une chanson, intitulée Mirror.

Un univers musical en expansion

Pour les piètres anglophones, on peut apprécier l’album sans en comprendre les paroles. La forme est aussi riche et ambitieuse que le fond, et tout aussi déconcertante. Kendrick Lamar est un rappeur et sa maîtrise du rythme, sa scansion, font mouche. Mais il va au-delà du rap. Ses jeux sur les tempos, ses variations, ses ruptures donnent à ses morceaux des allures opératiques surprenantes. En témoigne la pièce liminaire, United in Grief. L’album est très théâtral, plein de petites saynètes. Comme We Cry Together, où la maîtrise de l’anglais n’est pas nécessaire pour saisir la teneur du dialogue… Beaucoup de retours et de renvois lient les différents genres musicaux. En fil rouge, le piano répond au violoncelle et aux musiques électroniques. Des thèmes se répètent aussi, apportant une continuité dans ce long disque de 73 minutes. Enfin, la voix du Californien, quasi hypnotique, se déploie pleinement dans chaque titre, en solo ou en duo. En résumé, un album à découvrir à son rythme. Il est bien ancré dans notre époque, mais nul doute qu’il la dépassera.

Kendrick Lamar – United in Grief.

Gaël Lanoue

Le rugby français conquiert l’Europe

“Pour la première fois en 126 ans d’existence, le Lou Rugby remporte un titre européen.” / “Ronan O’Gara guide l’équipe de La Rochelle à sa première victoire européenne face au Leinster “ ©Twitter

Ce week-end, Lyon et La Rochelle ont respectivement remporté la Challenge Cup et la Coupe d’Europe de rugby. Quelques mois après le Grand Chelem du XV de France, la victoire de ces deux équipes illustre la qualité des joueurs et de la formation française.

C’est une première qu’ils n’oublieront jamais. Ce week-end, le Lou Rugby et le Stade Rochelais gagnent pour la première fois de leur histoire un titre européen. Lors d’une confrontation franco-française, Lyon arrache, vendredi soir, le trophée de « la petite coupe d’Europe » contre Toulon (30-12). Cette victoire permet au club d’apporter à sa ville sa première consécration européenne pour une équipe masculine, tout sport confondu. Belle conclusion pour Pierre Mignoni, entraîneur de l’équipe, qui quittera le club à la fin de la saison, sept années après en avoir repris les rênes.

Les « grands » champions d’Europe sont rochelais. Après avoir échoué la saison dernière face au Stade Toulousain, le Stade Rochelais décroche cette année la victoire contre le Leinster (24-21). Présentés comme outsider, les Maritimes n’ont jamais abdiqué face aux quadruples champions d’Europe. Menés, pendant près d’une heure, les jaunes et noirs prennent l’ascendant dans les dix dernières minutes. Poussée par ses supporters, la Rochelle fait craquer la défense de la province irlandaise pour un essai de la gagne marqué par Arthur Retière à la 78ème minute.

La bonne mine du rugby français

Ces deux exploits prouvent, une nouvelle fois, la pleine santé du rugby français. Quelques mois après le triomphe du XV de France lors du Tournoi des Six Nations, des joueurs français continuent d’afficher leur excellence sur le terrain. Sur les trois essais mis par La Rochelle, deux sont des mains d’internationaux tricolores (Pierre Bougarit et Arthur Retière). Du côté du match Toulon-Lyon, Baptiste Couilloud (8 sélections en équipe de France) , Pierre-Louis Barassi (3 sélections) et Baptiste Serin (42 sélections) ont eux aussi franchi la ligne d’essai. Avec ces trophées, la formation française montre sa pérennité et ses talents sur la scène européenne. Un témoignage de plus avant la prochaine coupe du Monde de rugby, prévue en France en 2023. 

Laure Allard

FOOTBALL : le Real Madrid remporte sa 14e Ligue des Champions !

Au Stade de France, le Real Madrid s’impose 1-0 face à Liverpool. ©libres

Le Real Madrid s’impose 1-0 face à Liverpool en finale de la Ligue des Champions. Au Stade de France, les Espagnols remportent ce soir leur 14e titre dans la plus prestigieuse des compétitions.

La Decimocuarta, la quatorzième victoire est là pour le Real Madrid ! Les Anglais dominent nettement cette finale. 24 tirs tentés, contre 4 pour les Espagnols. Finalement, le Real s’impose sur un but de Vinicus Jr à la 59e minute. 1-0, score final. Mais c’est bien à leur gardien que les Merengues doivent la victoire ce soir. Thibaut Courtois a été immense, avec 9 arrêts venus d’ailleurs. Un record dans une finale de Ligue des Champions. La force mentale et la cohésion ont été les clefs de ce Real, comme tout au long de sa saison européenne. Karim Benzema a été discret, peu servi par ses coéquipiers. Un but lui est refusé (45e minute) pour un hors-jeu inexistant.

Une organisation déplorable

Cette 67e finale de la Ligue des Champions s’est faite attendre. 21 heures. Le coup d’envoi du match est retardé à cause du retard des supporters. Les anglais sont arrivés bien plus nombreux que prévu, certains sans billet. Les services de sécurité, trop peu nombreux, sont forcés et débordés. La gendarmerie intervient pour contenir des bousculades pendant plus d’une heure. Ajoutez à cela des problèmes dans les transports en commun, et une grande partie du public peine à rejoindre le stade. La honte pour la France, pourtant réputée pour son savoir-faire dans l’organisation de grands événements sportifs… La rencontre peut finalement débuter, avec 35 minutes de retard.

Une soirée pour l’histoire

Le Real gagne sa 7e finale consécutive en Ligue des Champions. Le club couronne une saison exceptionnelle, après avoir assuré la victoire dans le championnat espagnol. Pour beaucoup de joueurs, comme Benzema, c’est le 5e titre dans la plus grande des compétitions. Le Français file aussi tout droit vers le Ballon d’Or, décerné en septembre prochain.

Gaël Lanoue

Mrs America, une lutte moderne

Phyllis Schlafly lors d’une manifestation contre l’Equal Rights Amendment. ©Wikimédia

Il y a quelques semaines, les Américaines apprennent que la Cour Suprême des États-Unis envisage d’interdire l’accès à l’avortement. Sortie en 2020, Mrs America revient sur la lutte du mouvement féministe et anti-féministe américain dans les années 70 face à l’adoption du Equal Rights Amendment. Retraçant des événements vieux de plus 50 ans, la mini-série n’a pourtant jamais été aussi actuelle.

Composée de neuf épisodes, Mrs America retrace le parcours de Phyllis Schlafly, conservatrice et anti-communiste, dans son combat contre l’adoption d’un amendement visant à garantir l’égalité des droits entre les sexes aux États-Unis. Pour mener à bien son engagement, la mère de famille organise des goûters avec ses semblables dans lesquels elle propage deux probables dangers : en cas de légitimation de la réforme, les femmes pourraient être engagées dans l’armée, et les hommes divorcés ne seront plus obligés de payer de prestation compensatoire. Avec un tel discours, la quinquagénaire souhaite faire passer les féministes de l’époque pour des anti-familles. C’est d’ailleurs à elle qu’on doit le terme « pro-vie ». Ses partenaires de bataille sont majoritairement des femmes blanches issues d’un milieu aisé. À ce jour, l’amendement n’a toujours pas été voté.

Femmes contre femmes

Cate Blanchett incarne la conservatrice à la perfection. L’actrice offre ses traits à cette figure de proue des anti-féministes pour qui la place des femmes se doit d’être au foyer. Face à elle, Rose Byrn interprète Gloria Steinem, l’une des porte-parole du mouvement féministe la plus connue au monde. D’autres icônes des années 70 sont présentes dans la série comme Shirley Chisholm (Uzo Aduba), première candidate noire aux primaires démocrate ou encore Betty Friedan (Tracey Ullman), autrice du livre La Femme mystifiée. Les neufs épisodes mettent en parallèle les luttes distinctes pleines d’ambition de ces femmes. Un angle pas forcément accepté par les vrais protagonistes de l’intrigue. Dans The Guardian, Gloria Steinem affirme que « la série donne l’impression que les femmes sont nos pires ennemies, ce qui nous empêche de reconnaître qui sont (les vrais). Non pas que nous ne soyons pas en conflit, (…) mais dans l’ensemble, nous ne sommes pas nos pires ennemies. »

L’écho en 2022

L’un des principaux combats de Phyllis Schlafly fut l’interdiction de l’avortement. Plus de cinquante ans après, ses prises de position renaissent en 2022. Le lundi 2 mai, le journal Politico révèle que la Cour suprême des États-Unis souhaite annuler l’ordonnance autorisant l’accès à l’avortement. Dès la parution de cette nouvelle, les pro-choix et anti-avortement manifestent dans tout le pays, rappelant les actions menées par Phyllis Schlafly et Gloria Steinem dans les années 70. La série fait écho aux événements actuels. Les dialogues et revendications présents dans la fiction peuvent être entendus, aujourd’hui, dans les rues des États-Unis.

La série est actuellement disponible sur MyCanal.

Laure Allard

Les CHU en carence de personnel

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nice est le premier acteur de santé du département des Alpes Maritimes. ©Wikimédia

Le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bordeaux vient d’annoncer la mise en place d’un « mode dégradé » pour lutter contre les burn-outs et le manque de personnel. Cette conjoncture touche tous les hôpitaux de France de plein fouet. À Nice, les employés du CHU de l’Archet agissent pour témoigner leur mécontentement face à leur condition de travail. 

Mars 2020. L’épidémie de COVID-19 prend de l’ampleur en France. Pour diminuer la propagation du virus et éviter une surcharge des hôpitaux, le gouvernement impose un confinement. Cette période inédite met en avant un problème connu, mais ignoré : la France manque de professionnels de la santé. Deux ans après le début de la crise, les hôpitaux tentent toujours de gérer ce manque d’effectif. Au CHU de l’Archet à Nice, infirmiers et aides- soignants naviguent entre les différents services pour pallier les absences : « Dans le service d’à côté, ça fait maintenant plus de six mois qu’ils tournent entre 2 et 3 infirmiers maximum alors qu’ils sont censés être 8 normalement », témoigne l’une des infirmière. La jeune femme assure régulièrement des remplacements dans d’autres ailes de l’hôpital pour dépanner : « Tous les mois, on est ailleurs : lundi, j’étais dans mon service, hier, j’étais dans un autre, le week-end prochain, je suis encore dans un secteur différent ». Ses conditions de travail s’avèrent être de plus en plus rudes : « On est seul pour 20 patients. Théoriquement, ce sont deux professionnels pour 14 malades et trois pour 20 ». 

« On a connu un ras-le-bol général » 

Constamment transféré entre différents services, un aide-soignant qui à l’hôpital de l’Archet depuis plus de 10 ans exprime sa lassitude et celle de ses collègues : « Psychologiquement, c’est très dur pour tout le monde. On a connu un ras-le-bol général ». Pour afficher leur désarroi et leur mal-être, le personnel soignant du CHU multiplie les arrêts maladie au détriment du bon fonctionnement de l’établissement.« On a fait comme les autres et ça a foutu le gros bordel. Il n’y avait plus personne pour remplacer », raconte le professionnel de santé. Pour les infirmières, cette situation illustre l’accumulation d’un surmenage collectif : « On se met en arrêt maladie parce qu’on en peut plus. On est crevés, blessés, malades. On espère que ça fera bouger les choses. » 

Une situation encore instable 

« Avant, lorsqu’une heure supplémentaire était disponible, en deux heures, elle n’était plus à pourvoir. Maintenant, personne ne les prend parce qu’on est tous épuisés moralement et physiquement » confie l’une des employés. La direction du CHU (Ndlr : Contacté par nos soins, elle n’a pas souhaité répondre aux questions) présente peu d’actions immédiates pour satisfaire ce manque d’effectif. L’arrivée de nouveaux diplômés sur le marché à la fin du mois de juillet pourrait être la solution à ce problème : « Ils attendent des recrutements, mais on n’est pas sûre que ces débutants choisissent de venir travailler à l’Archet ou même dans les services touchés par cette pénurie de personnel ». Un retour à la normale est espéré pour septembre. 

Laure Allard

Des scientifiques parviennent à cultiver des plantes dans du sol lunaire

L’Homme a maintenant la possibilité de cultiver sa nourriture à la surface de la Lune (©Wikimedia Commons).

L’être humain est désormais capable de cultiver des végétaux dans un sol extra-terrestre. Une avancée majeure pour la science qui ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche, sur la Terre comme dans l’espace.

Connaissez-vous le régolithe ? C’est une roche lunaire, proche de la terre volcanique. Des scientifiques de l’Université de Floride sont parvenus à y faire pousser des « Arabettes des dames ». Une plante proche du cresson, mais non comestible. Les laboratoires l’utilisent car elle pousse facilement, même dans des milieux jugés hostiles. Les résultats de leur étude ont été publiés jeudi 12 mai. 12 petits godets de régolithe ont été arrosés chaque jour avec une solution nutritive. Dans un souci de comparaison, la même expérience a été menée en parallèle dans du sol terrien, à la composition proche du sol lunaire, prélevé dans un cratère aux États-Unis. En 20 jours, les graines germent et des feuilles naissent. La surface de la lune n’est donc pas stérile. « C’était un résultat plus ou moins attendu, vu que la composition du sol de la Lune est proche de celui de la Terre », rapporte l’étude. Le substrat lunaire utilisé provient de 3 missions spatiales : Apollo 11 et Apollo 12 (en 1969), et Apollo 17 (en 1972).

Cultiver dans un sol pauvre

Les scientifiques ont remarqué que la taille des pousses reste toutefois inférieure celle de leurs compères terrestres. Les racines sont plus minces, signe que le sol lunaire est plus pauvre. Des plantes s’y développent plus lentement. De même, après 6 jours, la croissance de certains plants ralentit fortement, et les feuilles présentent une pigmentation. Selon l’étude, la richesse du sol de la Lune varie en fonction de l’exposition aux vents solaires et aux rayonnements cosmiques. Il faudra choisir les endroits les plus propices à la culture, ou en rendre les conditions favorables. Trouver de l’eau reste une priorité. Le régolithe en est dépourvu.

Des perspectives prometteuses

 Mais la découverte est bien là, et les nouvelles perspectives aussi. « Dans la perspective d’une exploration lunaire un petit peu plus poussée que par le passé, on pourrait imaginer que le sol lunaire puisse servir de terreau à d’éventuelles cultures, même si les astronautes ne vont peut-être pas manger que de la salade verte pendant trois mois sur place“, explique Hervé Dole, de l’Institut d’astrophysique spatiale. La pauvreté du sol de la Lune n’est pas un problème, dès lors qu’il n’est pas stérile. Grâce à l’hydroponie, nous sommes capables de faire pousser des plantes dans des environnements peu favorables, comme dans la Station Spatiale Internationale (ISS). Cette découverte peut aussi avoir un véritable impact sur les cultures terrestres. La possibilité d’améliorer les cultures dans nos sols les plus pauvres peut aider les régions frappées par la famine.

Gaël Lanoue

Football : un chant abject à Nice, visant Emiliano Sala, disparu tragiquement en 2019

Après les débordements face à Marseille en août dernier, le club niçois risque gros après les nouveaux débordements hier soir, lors de la 36e journée de L1. @Commons

Hier soir, lors de la rencontre opposant l’OGC Nice et l’AS Saint-Étienne, les supporters niçois ont entonné des chants insultants, à l’encontre d’Emiliano Sala, et de l’arbitre Stéphanie Frappart. Choquant. 

Les supporters des Aiglons n’en sont pas à leur premier dérapage. Le 22 août, alors que les Niçois reçoivent l’Olympique de Marseille, Dimitri Payet est victime d’un jet de bouteille d’eau en pleine tête. S’ensuit un envahissement de la pelouse et une interruption du match longue…d’une heure et demie. Hier soir, le groupe de supporters positionné dans l’aile sud du stade a une nouvelle fois dépassé des limites infranchissables. Sans doute encore frustrés par la défaite du week-end dernier en finale de Coupe de France face à Nantes (1-0), ces derniers ont parodié un chant habituellement entendu en hommage à Emiliano Sala, joueur nantais disparu lors d’un crash d’avion en 2019. « C’est un Argentin, qui ne nage pas bien, Emiliano sous l’eau, Emiliano sous l’eau », au lieu de « C’est un Argentin, qui ne lâche rien, Emiliano Sala, Emiliano Sala ». 

Christophe Galtier : « Si c’est pour insulter des morts, qu’ils restent chez eux ! »

Le club niçois a rapidement condamné les propos de ses supporters et présenté ses excuses à la famille d’Emiliano Sala et au FC Nantes, dans un communiqué. Du côté de l’entraîneur des Aiglons, Christophe Galtier n’a pas mâché ses mots lors de sa conférence de presse d’après-match. « Je n’ai pas de mots pour qualifier ce que nous avons entendu. Au retour dans les vestiaires, il n’y a pas eu de cris de joie… mais de la stupeur. On peut entendre beaucoup de choses dans un stade de foot. Mais là, d’où viennent des insultes à l’encontre d’un footballeur décédé ? Elles venaient de quelques personnes, mais elles n’étaient pas que trois. Mais qu’elles restent chez elles, avec leurs bouteilles et leurs insultes. Si c’est ça notre société, on est dans la merde. » Le peuple niçois a condamné ces propos, en multipliant les messages de soutien sur les réseaux sociaux. Antoine Kombouaré, entraîneur de Nantes, a lui aussi appris la nouvelle avec stupeur à la fin de la rencontre. « Il faudrait les bannir. C’est honteux, j’ai de la peine pour sa famille. Je savais que les supporters pouvaient être violents, cons, mais là… ».

La LFP et Christian Estrosi sur le coup

Les sanctions risquent de tomber plus rapidement que prévu du côté des tribunes de l’Allianz Riviera. Le délégué de la LFP (Ligue de Football Professionnelle) a noté dans son rapport les chants sur la mort d’Emiliano Sala. La commission de discipline de la Ligue va donc jouer son rôle dans les prochaines heures. Une interdiction de stade pour l’ensemble de la tribune Sud est envisageable. Le club encourt également une lourde amende. En situation de récidive après les incidents face à Marseille, le club de la Côte d’Azur pourrait risquer des sanctions plus lourdes encore. Les débordements sont même remontés rapidement à l’oreille de Christian Estrosi, maire de Nice, qui demande d’identifier au plus vite les auteurs de ce chant, afin qu’ils soient condamnés avec la plus grande fermeté. 

Pacôme Bienvenu

Les ravages de la pornographie : ce qu’en dit la science

La pornographie, nouvelle invitée dans les lits des Français ? (©creative commons)

La pornographie est aujourd’hui un objet de consommation comme un autre. À l’heure d’Internet, sa large diffusion fait de la jeunesse une classe d’âge particulièrement exposée. Coup d’œil sur des conséquences dévastatrices, soulignées par la science.

30% du trafic Internet mondial. Voilà ce que représente Pornhub, le leader mondial de la pornographie sur le web. Et l’on parle bien d’une industrie. Ce marché rapporterait en France plus de 200 millions d’euros par an. Plus alarmant sont ses conséquences auprès des jeunes. Près de la moitié d’entre eux ayant des rapports sexuels reconnaissent reproduire des pratiques qu’ils ont vues dans des films X. Or, cet univers est l’antithèse du réel. Les pratiques hors-normes qu’il met en scène induisent une exigence de performance chez le consommateur. Au point d’en faire une nouvelle normalité sexuelle. Comme l’explique le sociologue Patrick Baudry, « dans la période de la « révolution sexuelle » (les années 1970), la pornographie pouvait sembler contestataire et transgressive. Aujourd’hui, elle est tout à la fois plus extrême et plus banalisée ». La distance entre cette sexualité fantasmée et la réalité augmente et engendre souvent des difficultés dans les relations amoureuses de ses consommateurs. Paul (son prénom a été modifié) a aujourd’hui 24 ans et se dit « abstinent » depuis un an. Il reconnaît ce décalage. « Avant si une fille me plaisait, je priais pour qu’elle vienne me voir, qu’elle fasse le premier pas. Et si non, je brisais la glace, plus tard, via les réseaux sociaux. » D’une certaine manière, la facilité et le confort du plaisir pris derrière l’écran inhibent la capacité à produire les efforts nécessaires dans la réalité pour trouver son ou sa partenaire. Dans la relation, le risque existe de ne pas trouver ses performances à la hauteur, ou celles de son ou sa partenaire. L’enjeu est donc une perte de confiance en soi.

Les conséquences neurologiques d’une addiction

Ces conséquences dramatiques de la pornographie ont une explication scientifique. Le cerveau est la principale victime de sa consommation. Celui-ci est comme programmé pour obtenir la satisfaction après avoir fourni un effort pour cela. C’est le système de récompense : un ensemble de structures cérébrales interconnectées, qui « récompense » l’organisme par la libération de dopamine, l’hormone du bien-être. Regarder une vidéo X en libère une quantité anormale, sans effort pour cela, via le plus puissant mécanisme de plaisir : l’orgasme. Grâce aux smartphones et Internet, il devient anonyme, accessible et gratuit. Le corps régule un taux constant de dopamine par la diminution du nombre de ses récepteurs. Concrètement, la sensation de plaisir baisse. Pour la maintenir, il faut augmenter sa consommation ou se tourner vers un produit « plus fort ». D’où le succès de certaines catégories proposées sur ces sites, impensables pour des esprits non-initiés. Il se produit un phénomène d’accoutumance, comme dans n’importe quelle addiction. Puisque la réalité ne satisfait plus les fantasmes, le consommateur s’en désintéresse. Une étude a montré que, chez 60% des hommes atteints de troubles de l’érection avec leur partenaire, le visionnage de film pornographique permet de résoudre leur problème… Enfin, les scientifiques constatent chez les personnes dépendantes une atrophie du cortex préfrontal, avec des conséquences dans la vie quotidienne : perte de matière grise, de concentration, d’énergie, de la régulation des émotions, etc.

En sortir et retrouver des relations saines ?

La psychologie évolutionniste renseigne sur les moyens d’acquérir une habitude. C’est-à-dire, un mécanisme que met en place le cerveau pour effectuer une tâche avec le moins d’effort possible. Heureusement, si cette habitude est malsaine, notre cortex est capable d’une grande plasticité qui lui permet de se « reconfigurer ». Un automatisme disparaît s’il est remplacé par un autre, selon un processus d’abord conscient. Physique ou mental. « Maintenant quand l’envie de visionner un film pornographique me vient, je fais 10 pompes. Ça fait passer l’envie sur le moment… et ça me fait les bras ! », s’amuse Paul. Cela ne suffit pas, évidemment. Il faut environ 90 jours pour mettre solidement en place une nouvelle routine. Mais le jeune homme est fier de ses efforts. « J’ai arrêté le porno il y a un an. Je ne sais pas si ça change ma vie, mais mon comportement, ma personnalité au quotidien, ça oui. Je ressens une énergie nouvelle, comme une envie de conquérir le monde, de réaliser plein de projets. » La prise de conscience individuelle est nécessaire pour sortir du piège. Mais est-elle suffisante ? L’industrie pornographique exploite toutes les faiblesses du cerveau humain.

©Gaël Lanoue

Gaël Lanoue

Droit à l’avortement aux États-Unis : l’arrêt Roe v. Wade en danger

Depuis une semaine, les pro-choix et les anti-avortements manifestent face à la Cour suprême. ©l’union

Il y a une semaine, le journal Politico affirme dans ses colonnes, que le droit à l’avortement pourrait être remis en cause aux États-Unis. La Cour suprême envisage d’annuler l’arrêt Roe v. Wade.  

La Cour suprême des États-Unis s’apprête à revenir sur un droit historique : annuler l’ordonnance autorisant l’avortement. Grâce à la fuite de document inédit, le journal Politico révèle, le lundi 2 mai, que le juge conservateur Samuel Alito envisage d’abroger l’arrêt Roe v. Wade de 1973. Dès sa parution, la nouvelle fait l’effet d’une onde de choc. Presque cinquante ans après avoir acquis ce droit, les Américaines pourraient bien le perdre dans les mois à venir. Si le projet est adopté, chaque État sera libre d’accorder ou non l’interruption volontaire de grossesse (IVG). 

Les conservateurs contre les progressistes 

Lors de son mandat, Donald Trump fait entrer trois nouveaux juges au sein de la Cour suprême. Nommés à vie, Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barret permettent à l’institution américaine d’obtenir une majorité conservatrice. Parmi les neuf juges, seulement trois sont désignés comme des progressistes. Depuis quelques mois, les magistrats rejettent des lois en faveur de l’avortement comme l’augmentation du délai légal réclamé dans le Mississippi. Selon Politico, Clarence Thomas, Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh, Amy Coney Barrett et Samuel Alito, tous conservateur, ont voté pour l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade. Les trois juges libéraux, Stephen Breyer, Sonia Sotomayor et Elena Kagan luttent contre cette proposition. Le choix du juge en chef, John G. Roberts, Jr., n’est pas encore connu. 

L’arrêt Roe v. Wade 

Avant 1973, chaque État américain était libre de son propre choix sur l’autorisation ou non de l’avortement. Le 22 janvier 1973, la Cour suprême des États-Unis décrète par l’arrêt Roe v. Wade, que l’IVG constitue un choix privé. Cette mesure indique que : « le droit au respect de la vie privée, présent dans le 14e amendement de la Constitution (…) est suffisamment vaste pour s’appliquer à la décision d’une femme de mettre fin ou non à sa grossesse ». L’ordonnance judiciaire détermine le cadre légal de l’avortement. Cette jurisprudence dépend aussi du ressort Doe v. Bolton. Ainsi, chaque État peut prendre des restrictions distinctes comme le délai légal toléré pour l’IVG. D’après Samuel Alito, l’arrêt historique Roe v. Wade, est « infondée depuis le début ». Pour le juge conservateur, la Constitution ne préserve pas le droit à l’avortement.

Laure Allard